Marie-Sophie LAVILLE

« Faire naître » : le frottement de ces deux verbes d’action éclaire le travail de Marie-Sophie. La profession de Sage-Femme, d’abord, qu’elle ne peut concevoir autrement que dans la proximité et le contact d’êtres de chair et de sang. L’activité de sculpteure, ensuite, qui en est la «continuation par d’autres moyens ».

 « Faire naître » plutôt que planifier ou dessiner. Pas d’abstraction mais un pétrissage sans préalable ni arrière-pensée. Marie-Sophie tient à ses mains comme on tient à ses yeux. De trop près, on ne peut pas voir, n’est-ce pas ?

La vue est en effet un sens intellectuel ; le sens du toucher, lui, assume une autre intelligence, plus mystérieuse et bien plus ancienne.

De la terre patouillée de Madagascar où est née sa vocation il y a 50 ans, jusqu’au silicone de son dernier moulage, aucune matière n’est méprisée : Marbre du vaisseau, tissu de la main, aubier des planètes, bois de padouck des totems, fers du berceau.

« Faire naître » : plutôt qu’assujettir les œuvres à venir à une cohérence préalable, accepter les idées comme elles viennent. Il suffit de leur donner leur chance en s’y appliquant, en leur apportant le soin dont elles ont besoin pour venir au monde et devenir ainsi de vraies idées. Les nus classiques comme les surréalistes mémoires de silicone et le berceau de fer.

Marie-Sophie Laville, après une carrière à la Maternité d’Ivry, est actuellement Sage-Femme libérale ; pour la sculpture, elle travaille à l’atelier Lambert des Portes de l’Essonne à Juvisy-sur-Orge

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